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10. Les Turcs de France

Immigration turque en Europe et en France

mercredi 26 juillet 2006, par BleuBlancTurc


(Par Murat V. ERPUYAN)

(...) La France, en 1965, est l’un des derniers pays qui a signé un accord d’échange de main-d’oeuvre avec la Turquie suivant la demande du patronat souhaitant diversifier l’origine de ses travailleurs étrangers. Pour donner une indication de l’ampleur qu’a pris l’immigration turque en deux décennies, nous pouvons nous appuyer sur deux chiffres : en 1962, tout au début, ONI (actuellement OMI) avait enregistré 111 entrées en provenance de Turquie ; en 1970, avec 8.751 personnes, on atteint le sommet en ce qui concerne les entrées des Turcs en France.

Dans cette situation favorable de demande et d’offre, certaines grandes entreprises guidées par le souci de diversification de leur main-d’oeuvre étrangère ont employé massivement des Turcs. C’est ainsi qu’à la fin de 1970, on peut compter plus de 1.500 Turcs dans les usines Chrysler-France à Poissy (Yvelines) et environ 700 dans les usines Citroën en Ile-de-France et un peu moins à Metz. C’est ainsi que commence la chaîne migratoire. On passe des contrats anonymes aux contrats nominatifs, c’est-à-dire, ceux qui ont fait leurs preuves en usine obtenait le droit de faire venir leurs proches. Les Turcs sont employés dans des secteurs à forte présence de main-d’oeuvre ne nécessitant pas de qualification où on utilise des technologies plus ou moins obsolètes, tels le forestage, bois, fonderie et métallurgie, et surtout bâtiment, travaux publics, confection.

Au niveau individuel, le choix de la France par les immigrés turcs n’est pas spécifique. Ils rêvent sans doute de l’Allemagne du fait de l’image établie (seigneurs d’Allemagne disait-on quand on parlait des immigrés turcs travaillant en Allemagne) et aussi en raison d’une meilleure rémunération ainsi que la côte élevée du DM.

« En voyant les émigrés revenir en voiture, avec des appareils de télévision, des machines à laver etc... leurs voisins des villes ou des campagnes qui souffrent des difficultés de la vie sont fortement stimulés à partir à l’étranger et surtout en Allemagne (...) Ainsi, la migration à l’étranger devient une pratique, une sorte de coutume qui englobe non seulement les chômeurs et les défavorisés, mais un grand nombre de jeunes ménages qui à travers l’émigration interne, au contact des migrants revenant de l’étranger, développent un goût pour la vie moderne ».

La France devenait un choix de second ordre. Selon Gökalp, le choix de la France s’explique aussi par une optique de tremplin vers l’Allemagne. Ce rêve ne se réalise pas pour beaucoup, ils deviennent des immigrés de France.

« La France, c’était l’inconnu. On est venu ici comme on rentre dans l’obscurité. Ma soeur est en Allemagne, pour moi c’est l’office d’émigration qui a décidé, sinon je voulais être auprès de ma soeur. (Travailleur à Terrason) »

Quand les portes de l’Europe se ferment à l’immigration suite aux chocs pétroliers et la crise qui en découle, l’émigration turque montre des changements radicaux. La rotation s’arrête. Jusqu’en 1974 presqu’un million de citoyens turcs avaient pris le chemin de l’Europe, il y avait un va-et-vient permanent. L’arrêt de l’immigration provoque la sédentarisation de la population originaire de Turquie dans les pays où elle se trouvait provoquant une variation de la structure de la population. Le regroupement familial, les naissances alimentent la croissance de cette population alors que dans l’ensemble, les autres nationalités enregistrent une diminution relative.

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Cliquez-ici pour lire le texte de M.Erpuyan dans sa totalité.
Source : http://www.ataturquie.asso.fr/informations_immigration.htm

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